Un entretien avec Yann
Ducarouge
Dirigeant fondateur de Lollipops
Yann Ducarouge
et Marjorie
MathieuDucarouge, tous deux diplômés de l’EHDEC ont créé leur premier
magasin d’accessoires de mode en 1999, sous l’enseigne Lollipops. Le succès
a été foudroyant puisque l’enseigne possède aujourd’hui 10 succursales, 17
franchises à l’étranger (15 au Japon, 1 en Tunisie, 1 en Grèce).
Fin janvier, Lollipops implantera son master en Arabie Saoudite et au Maroc,
ainsi qu’un point de vente à Marbella (Espagne).
L'entretien
Yves SASSI : Vous êtes sur un créneau relativement étroit, quels sont les
ingrédients de votre réussite si rapide ?
Yann
Ducarouge : C’est exact que le créneau est étroit, il n’a peut être pas
motivé d’autres entrepreneurs.
Nous proposons une gamme de produits moyens haut de gamme… tendances. Ce
sont des produits typés, que nous créons. Il n’y a pas de produits
extérieurs référencés dans notre gamme. D’autre part, le décor de la
boutique est un peu particulier, très féminin. Rose avec des objets de
décoration, du mobilier Louis XV, une fontaine qui sont en opposition avec
les produits eux-mêmes. Notre clientèle est séduite par cet environnement.
Nos
magasins se remarquent. Ce sont des magasins de quartier qui ont une âme,
une vie. Nous avons envie de nous insérer dans le tissus local du centre
ville.
Nous nous
sommes aperçus, très rapidement, qu’il y avait une réelle affinité entre la
cliente et la marque. Et puis, le marché de l’accessoire, complément du
prêt-à-porter explose. Et Lollipops se positionne comme spécialiste de
l’accessoire. Nous somme une marque « créative » et j’avoue que nous nous
faisons plaisir en terme de création, de finition, de qualité des finition…
et en matière d’accessoire milieu de gamme, on sent très nettement un retour
des 25 / 40 ans. L’accessoire est un moyen de personnaliser un vêtement qui
est trop souvent banalisé.
Vous ouvrez essentiellement des succursales en France. Quelle est maintenant
votre politique de développement ?
Yann
Ducarouge : Le développement des succursales s’est fait pour créer une
réelle identité, un positionnement fort. Aujourd’hui, nous avons besoin de
franchisés, non pas pour accélérer notre développement, mais pour ne pas
perdre l’âme que nous avons su créer. Le franchisé est un commerçant motivé,
proche de son client, qui aime son produit et qui par conséquent sait le
vendre. C’est toujours plus délicat lorsque les points de vente sont tenus
par des salariés dont les motivations sont différentes. Ce sera plus
difficile à gérer si nous avons un parc de succursales trop important.
Ceci dit,
notre ambition en France n’est pas de couvrir le territoire à marche forcée.
Nous estimons le potentiel à une trentaine de points de vente. En 2003, nous
souhaitons ouvrir 3 magasins en France.
En
revanche, nous avons de fortes ambitions à l’export. Nous ouvrons notamment
dans quelques semaines un premier magasins aux USA, à Miami. Il servira de
test pour ce pays. Le concept, notamment en terme de positionnement, sera
sans doute aménagé.