L'entretien
Yves SASSI : Gérard Pasquier est une marque connue de tous, quel est le
nouveau positionnement que vous souhaitez lui donner ?
Alain
Frydman : Gérard Pasquier bénéficie en effet
d’une grande notoriété, mais avec une image qui a
vieilli. Notre travail, ces derniers mois, a été de
préparer le repositionnement en réfléchissant
dans un premier temps à une question primordiale :
Qui veut-on habiller, quelle est la cible ?
Il
s’agit d’une cliente exigeante, active qui voyage, bouge, est indépendante.
Nous sommes sur un créneau haut de gamme, avec des produits de qualité, bien
coupés, modernes. Moderne est un terme que nous utilisons pour définir nos
collections, plus que le mot « Mode ». La modernité, dure alors que la
« mode » est fugitive par définition.
Cette
clientèle ne dispose pas d’une offre suffisante. La marque qui répondra à sa
demande a un potentiel extraordinaire.
Nous
sommes aujourd’hui dans la phase de finalisation du nouveau concept que nous
voulons être une évolution et non une révolution. Ceci parce que le capital,
le patrimoine de l’entreprise est énorme. On retrouve cet esprit dans nos
équipes et nous nous devons de capitaliser sur les gens qui font
l’entreprise. Je précise bien que nous avons une stratégie à 10 / 15 ans, et
non des vues à court terme.
D’autre part, et j’insiste sur cet élément, nous avons
un réseau composé de magasins en propres et de 19
franchisés. Nous nous devons de respecter nos franchisés.
Nous sommes à leur écoute et prenons les décisions
en fonction des éléments qu’ils nous communiquent.
Si l’on ne considère pas un réseau de franchise comme
une famille, il n’y a aucune chance de construire
quelque chose de pérenne. Créer une rupture dans le
concept, sous prétexte que nous pensons que c’est
la bonne stratégie pour la maison mère sans se soucier
des franchisés existants, qui nous font confiance,
serait une profonde erreur.
Quels sont les éléments sur lesquels se sont portés vos travaux ?
Alain Frydman : Nos travaux se sont portés non seulement sur le concept
des boutiques, qui se doivent d’être à la hauteur de ce qu’attend notre
cliente, sur les collections pour lesquelles l’évolution est déjà amorcée et
sera plus nette dans les collections Eté 2003 et hiver 2003/2004. Ensuite,
nous avons mis en place des outils logistiques. Notre métier nécessite une
rigueur infaillible, vis-à-vis de nos clients et en particulier des
franchisés, dont l’activité dépend de notre professionnalisme.
Dans
cette optique, nous sommes de fervents utilisateurs des outils qu’offre
l’Internet pour l’échange d’informations, pour faciliter la gestion des
points de vente. C’est clair, nous avons la ferme volonté de ne pas nous
endormir, d’utiliser tous les outils et méthodes modernes du commerce. En
bref, nous voulons répondre à la demande d’une cliente qui a évolué et qui
utilise ces outils.
Quels sont vos objectifs de développement ?
Alain Frydman : Aujourd’hui, nous
travaillons avec 370 multimarques, 60 grands magasins,
19 franchisés, 13 succursales et 150 multimarques
à l’export.
Nous
venons d’ouvrir deux succursales (Saint Germain en Laye et dans la galerie
du Marché Saint Germain à Paris). Deux succursales seront mises aux couleurs
du nouveau concept en août prochain Une fois les derniers réglages fait,
nous transformerons progressivement nos succursales et aiderons petit à
petit nos franchisés à suivre cette évolution. Concernant les ouvertures à
venir, le programme est de 2 succursales par an, environ, et 5 franchises
dans les villes de plus de 50.000 habitants qui, comme le confirment les
études faites, manquent cruellement d’offre sur notre créneau. Les
prochaines implantations verront le jour au cours du deuxième semestre.
C’est dans cet objectif que nous serons présent au salon de la franchise.
En
région parisienne, nous visons plutôt les centres commerciaux.
Lire également le communiqué de l'enseigne de janvier 2003

GERARD PASQUIER
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