Dossiers de la franchise

Reprendre une franchise : des affaires à saisir dans tous les secteurs

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Se lancer en franchise ne signifie pas forcément créer son affaire de A à Z. L’éventualité de procéder à la reprise d’une affaire existante est également une option à étudier avec intérêt par les candidats à la franchise, et ce d’autant plus que des opportunités sont à saisir dans tous les secteurs d’activité, comme le prouvent cette semaine les témoignages d’enseignes ou de groupes comme Casino, Cavavin, Guy Hoquet ou Le Jardin des Fleurs.

Dans le cadre d’une cession en franchise, trois acteurs sont concernés : le franchisé qui souhaite vendre, le franchiseur qui a son mot à dire et le repreneur intéressé par l’affaire. Cette situation se gère en général en bonne intelligence entre le franchisé et sa tête de réseau. Pour le candidat à la franchise, reprendre une affaire franchisée est un excellent moyen de s’assurer un démarrage plus rapide lors du lancement de son activité.

Selon la dernière Enquête Annuelle de la Franchise Banque Populaire/FFF réalisée par le CSA, parmi les franchisés interrogés, 31% d’entre eux auraient envisagé la cession ou la transmission de leur entreprise d’ici 5 ans, cela concerne pour 45% des 50-64 ans. Parallèlement, 22% n’envisagent cette transmission que dans plus de 10 ans, des chiffres stables par rapport à 2014. Un quart des franchisés, quant à eux, ne savent pas quand ils cèderont ou transmettront leur entreprise. 2,4 franchisés en moyenne ont cédé ou transmis leur entreprise au cours des 2 dernières années.

Reprise de franchise, une problématique pour les réseaux matures

Pour 44% des réseaux interrogés, il n’y a eu aucune transmission ou cession de l’entreprise au cours des deux dernières années. Mais il est clair que cette problématique concerne surtout les réseaux matures, et un peu moins les jeunes enseignes.

Pour un réseau comme Cavavinpar exemple (152 boutiques à ce jour), au cours d’une année 2016, le « réseau aura procédé à 16 ouvertures et géré 2 reprises. En 2017, nous connaitrons le même ordre de grandeur », témoigne Etienne Boivin, le responsable développement.

Au sein du groupe Casino, spécialisé dans le commerce alimentaire de proximité, les opportunités de reprise ne manquent pas pour un candidat à la franchise, en particulier pour des enseignes comme Vival, Spar. A l’occasion du dernier salon Top Franchise Méditerranée, Gino Catalano en charge du recrutement de franchisés pour toutes les marques, nous déclarait notamment devoir « pourvoir à 20 à 30 reprises de points de vente rien qu’en région PACA ».

Le repreneur : pas forcément le même profil qu’un créateur

En fonction des emplacements ou villes ciblés, chaque franchiseur a bien en tête le type d’implantation qu’il souhaite : pure création ou reprise d’un établissement existant. Va-t-il rechercher le même type de candidat pour autant ?

« Dans le cadre d’une création ou d’une reprise, la formation initiale est la même. Mais ce ne sont pas forcément les mêmes types de profils de candidats. Difficile de reprendre une affaire sans avoir auparavant gérer un centre de profit », précise Gino Catalano. « La reprise d’une boutique peut-être un excellent facteur stimulant pour un responsable de point de vente », constate Benoit Ganem, président de Flora Nova (Le Jardin des Fleurs, Oya Fleurs). Le gros avantage est que cette personne connait le fonctionnement de la boutique et les clients. Soit une transmission qui se passera plus aisément.

Pas facile donc de faire coïncider les attentes du franchisé et celles du franchiseur. Implantée nationalement, une association comme le CRA (Cédants et Repreneurs d’Affaires) met à sa contribution ses bénévoles pour accompagner les franchisés « à trouver chaussure à leur pied » mais aussi les franchiseurs à trouver les repreneurs.

Pas toujours facile de rallier des indépendants du secteur

« Rallier des indépendants du secteur de la fleur coupée ne fait pas partie des priorités du groupe Flora Nova. Nous ciblons en priorité des salariés ou des cadres en reconversion », précise Benoit Ganem, son président.

Aujourd’hui à la tête de 480 agences en France, le réseau Guy Hoquet« recrute une centaine de franchisés en moyenne chaque année », témoigne Jérémy Lanos, Consultant en Stratégie et Développement. A la différence de ses autres confrères franchiseurs, la situation est tout autre dans l’immobilier et en particulier chez Guy Hoquet. « 60% des ouvertures sont réalisées par des cadres en reconversion. Les 40% restants proviennent de ralliement d’indépendants du secteur », ajoute Jérémy Lanos.

Dans le processus de cession, le franchiseur a dans tous les cas un vrai rôle à jouer, notamment dans l’accompagnement du franchisé qui souhaite céder son affaire pour une raison diverse (départ à la retraite, non renouvellement ou fin du contrat de franchise…). Pour le franchiseur, c’est même parfois une étape stratégique car cela lui permet de sécuriser des points de vente dans la zone de chalandise concernée.

Les franchisés ont confiance dans leur modèle de développement. D’après la dernière Enquête Annuelle de la Franchise Banque Populaire/FFF réalisée par le CSA, « ils sont, en effet, 63% à s’estimer mieux armés qu’un indépendant isolé pour transmettre leur entreprise dans de bonnes conditions, des chiffres d’une grande stabilité depuis 2012 ». Les principaux successeurs envisagés lors de la transmission sont un nouveau franchisé (18%), des salariés du franchisé (16%), un franchisé installé (16 %), ou encore le franchiseur (12%), soit très majoritairement au sein du réseau.