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La sauvegarde de l'environnement et l'économie vont désormais de pair, et le monde de la franchise est concerné par cette prise de conscience, comme l'ont confirmé Marielle Bugeaud (Yves Rocher) et Lionel Dindjian (Cartridge World) au cours de ce débat filmé à à l'occasion de Franchise Expo Paris, en mars 2010.


Observatoire de la Franchise : Bonjour à tous, nous sommes aujourd’hui sur le salon Franchise Expo 2010, c’est dans ce cadre que nous proposons un débat autour du thème de l’environnement en franchise. Par le passé bien souvent les mesures écologiques étaient rendus obligatoires par des textes de lois contraignants,  mais on assiste désormais à des initiatives de la part de réseaux de franchise bien implantés qui savent qu’œuvrer en faveur de l’environnement justement leur procurera une bonne image.

Nous sommes accompagnés aujourd’hui par Marielle Bugeaud d’ Yves Rocher et Lionel Dindjian, directeur général de Cartridge World, réseau spécialisé dans le recyclage de cartouches, ma première question s’adresse à Lionel, Cartridge World est un groupe international né en Australie, vous lancez et parrainez régulièrement des opérations dont la dernière était Cartridge World replante 10 000 arbres en Indonésie, d’après vous, quel impact ses opérations ont-elles sur l’image et les ventes de votre groupe ?

Lionel Dindjian, Cartridge World : Effectivement, la dernière opération était une opération de refaire une station en Indonésie, qu’on a faite avec l’association Planète Urgence. C’est vrai que l’impact sur les ventes n’est pas forcément évident, direct. Les opérations comme celle-ci fait avec des ONG servent surtout à mettre en avant avec l’ensemble des franchisés, c'est-à-dire qu’il faut déjà une réelle motivation de la part des franchisés d’aller dans cette direction là, on n’est pas uniquement sur de la promotion des ventes, en l’occurrence on avait fait cette opération avec un jeu de cartouche acheté, un arbre replanté, ça permettait effectivement de donner une certaine dynamique dans le réseau, pour essayer d’insuffler un souffle à tous les franchisés pour dire « OK, on va participer à cette opération », la base de ce type d’opération c’est d’abord l’initiative et la volonté par certain nombre de franchisés.

O.F. : Et l’image donc.

L.D. : Bien entendu l’image, il y a une communication qui se fait à ce niveau là, cette opération à été  faite il y a deux ans, aujourd’hui on vient d’en avoir les fruits, c'est-à-dire que l’idée était de reporter 10 000 arbres, aujourd’hui il y en a 8 500 qui ont été replantés réellement, puisqu’il y a des arbres qui meurent, etc. donc deux ans plus tard, bilan de l’opération, 8 500 arbres replantés.

O.F. : C’est une opération suivis d’année en année et qui est reconduite ou en avez-vous passé d’autres opérations depuis ?

L.D. : On est entrain de réfléchir à d’autres types d’opérations puisque je pense qu’on continuera à travailler certainement avec Planète Urgence, puisque c’est une association qui est sérieuse, et deux ans plus tard on voit le résultat de ce qu’on a fait.

O.F. : Et la majorité des franchisés vous suivent ?

L.D. : On était sur 85% du réseau qui suivait ce type d’opération, les 15% qui n’ont pas suivis – ce qu’on peut comprendre aussi – disent qu’ils préfèrent investir dans d’autres types d’associations ou d’autres mouvements, on laisse tout à fait le choix aux franchisés de le faire.

O.F. : Marielle Bugeaud, vous êtes responsable du recrutement franchisés Yves Rocher qui a toujours eu l’image d’une société respectueuse de l’environnement, par quels moyens parvenez-vous à faire passer cette image à votre clientèle?

Marielle Bugeaud, Yves Rocher : L’engagement d’Yves Rocher vis-à-vis de la protection de la nature remonte à très longtemps puisque c’est pratiquement à la création de la marque il y  à 50 ans. Il y a trois actes majeurs à prendre en comte, le premier acte pour la marque, va être un acte éco-citoyen, l’éco-conception du produit, on s’est rendu compte lors des études que la phase où le produit était plus impactant sur l’environnement était lors de son utilisation, je vais prendre un exemple tout simple, avec du shampoing, avec votre shampoing vous allez gaspiller beaucoup d’eau, et ensuite vous allez avoir le problème d’évacuation de la mousse qui va évidemment polluer les nappes phréatiques, donc ce qu’on va faire c’est que sur le shampoing, on va mettre un petit message pour la cliente en attirant son attention sur la réduction de la consommation d’eau, deuxième chose, on a travaillé surtout avec de la biodégradabilité de la mousse, donc c’est un premier acte majeur d’Yves Rocher à ce niveau là. Le deuxième acte c’est ce qu’on appelle les gestes verts, donc faire rentrer l’écologie dans la salle de bain de la cliente. 
Par quel moyen, ça va être par la sensibilisation de la consommation de produit avec des produits qui soient mono-doses, donc pareil, les messages de sensibilisation de la consommation d’eau, ça va être l’utilisation des écorecharges  qu’on a lancées en 1993 donc ça fait déjà pas mal de temps, aujourd’hui on a vendu 2,8 millions écorecharges à travers le monde.

O.F. : Sur tous les produits ?

M.B. : Non sur certains produits seulement, la cliente a déjà le contenant et n’a plus qu’à racheter le produit pour compléter son produit qui était vide.

O.F. : Vous ne faites pas des cartouches d’encre ?

M.B. : Non, pas de cartouches d’encres ! C’est uniquement des produits de beauté.

L.D. : Mais c’est le même principe.

M.B. : Tout à fait, c’est le même principe, on a fait dans d’autres gestes, on a arrêté la distribution des sacs plastiques depuis 2006, c’était déjà 200 tonnes de plastiques économisés tous les ans, on a arrêté de lester nos tubes de rouges à lèvres avec du plomb, depuis 1989 on a arrêté les tests sur les animaux, donc vous voyez les démarches sont nombreuses, et le troisième et dernier acte majeur d’Yves Rocher qui va rejoindre celui de Cartridge, c’est un produit acheté, un arbre planté, donc on a effectivement des différents engagements, en 2007 si j’ai bonne mémoire on a eu un engagement pour planter 3 millions d’arbres, dés le premier semestre 2007 on avait déjà dépassé cette objectif, au début 2009, on s’était à nouveau engagé pour 5 millions d’arbres, on est arrivé à la fin de l’année 2009 à 7 millions d’arbres, et cette année la marque fête ses 50 ans, là on s’engage donc pour 50 millions d’arbres à planter d’ici 5 ans, ce sont les grands actes majeurs d’Yves Rocher à ce niveau là.

O.F. : Et pour conclure Mr Dindjian, pensez vous qu’un réseau de franchise est par nature plus vertueux qu’un commerçant indépendant, a-t-il plus de moyen pour être plus vertueux au niveau environnemental qu’un simple commerçant indépendant ?

L.D. : Par nature, je ne pense pas, je pense qu’il  le deviendra en tout cas, il a forcément plus de possibilité de l’être, simplement pace qu’il y a un accompagnement, souvent de la tête du réseau aussi, qui va engager les franchisés dans une démarche, la plupart des franchisés ont à un moment la volonté de s’investir dans cette démarche là, la difficulté qui est représentée en France aujourd’hui c’est qu’il n’est pas  si facile d’avoir une démarche vertueuse, il n’est pas si facile de savoir quoi faire de ses déchets, il n’est pas si facile de travailler sur des écorecharges, donc effectivement, il y a un travail collectif qui se met avec la tête de réseau et dans ce cas là on a besoin de la tête de réseau et des franchisés puisque ça ne peut se faire qu’ensemble, la tête de réseau ne pourra pas s’avancer tout seul, et le franchisé ne peut pas avancer tout seul, donc effectivement, à terme, les réseaux de franchises ou les réseaux succursalistes peuvent être plus vertueux qu’un indépendant puisque surtout l’indépendant aura forcément moins de moyens et aura moins d’implication sur ce domaine là.

O.F. : Je vous remercie.