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Minceur : un marché atomisé

Publié par , le | Franchise beauté

Compléments alimentaires, électro-beauté, spas…Le marché de la minceur attire de plus en plus d’acteurs laissant le consommateur un peu perdu face à toutes ces offres. Entretien avec Delphine David, auteur d’une étude baptisée « Le marché de la minceur » parue en juillet dernier chez Xerfi.

Comment s’organise le marché de la minceur en France ? Y-a-t-il une spécificité de l’offre ?

Dans notre pays, le secteur de la minceur n’est absolument pas organisé et comporte différents segments de marché. Nous trouvons d’une part les produits et, de l’autre, les services. Au total, ce marché est estimé par Xerfi à plus d’un milliard d’euros sans compter le secteur des produits alimentaires allégés qui pèse à lui seul près d’1,5 milliard d’euros. A ce jour, aucun acteur n’a réussi à proposer une offre globale alliant produits et prestations de services.
Sur le segment des produits, les compléments alimentaires sont leaders avec un poids de 300 millions d’euros et sont suivis par la diététique minceur (125 millions d’euros) et la cosmétique minceur (110 millions d’euros). D’autres segments de marché, plus petits en taille, se sont fait une place, à l’instar de la cosmétique instrumentale. Ce marché assez nouveau propose des technologies électriques type Wellbox ou petits appareils de bien-être. Le marché de la minceur draine également quelques niches commerciales comme la cosmétotextile. Sur ce micro marché, quelques entreprises ont développé une belle offre comme Lytess leader français des textiles encapsulés destinés à hydrater, gommer ou sculpter le corps.

 

Comment s’est développée l’offre de services et où en est-on sur ce secteur aujourd’hui ?

Sur le secteur des services, on trouve deux segments de marché : le coaching minceur et les centres d’amincissement.
Le coaching minceur s’est largement développé avec un nombre croissant d’opérateurs regroupant des médecins nutritionnistes, des diététiciens, des coachs particuliers, des laboratoires fabriquant des compléments alimentaires et produits diététiques ainsi que des spécialistes du régime représentés par deux poids lourds : Weight Watchers et Jenny Craig. Racheté par Nestlé en 2006, Jenny Craig a été lancée sur le marché français en 2010. Sur le créneau du coaching minceur, l’ opérateur franchisé Naturhouse , filiale d’un groupe espagnol, avec 125 centres en France, a multiplié par deux son chiffre d’affaires en 2009.
Les centres d’amincissement sont positionnés sur un marché extrêmement concurrentiel. Une multitude d’opérateurs a ainsi investi le marché. Les acteurs spécialisés dans l’amincissement forment un micro marché dominé par quatre leaders : Hyper Minceur, Efféa, Physiomins et Theraform. Au total, ces quatre opérateurs regroupaient, en 2009, un total de 260 centres et ont engendré, sur la même année, un chiffre d’affaires réseau estimé à 45 millions d’euros. Aux cotés de ces réseaux spécialisés, de nombreux opérateurs se sont positionnés sur les soins minceur à l’instar des instituts de beauté généralistes. A elle seule, la franchise Body Minute possède plus de 180 instituts. Le réseau en franchise Esthetic Center en revendique plus de 150. Les cabines de soins des enseignes de parfumerie sélective et des marques enseignes de cosmétique comme Beauty Success , Yves Rocher, Marionnaud ou Nocibé, proposent également une expertise minceur à travers un réseau très étendu au niveau national. Le marché des centres d’amincissement regroupe aussi les instituts de thalassothérapie, les kinésithérapeutes ainsi que les réseaux de fitness pour femme comme Lady Fitness , Lady Moving ou Curves qui ont tous développé des circuits minceur. Ces dernières années, le home institut s’est également développé grâce aux innovations lancées par les laboratoires de cosmétique et les fabricants d’électro-beauté.

Comment ces acteurs peuvent-ils s’en sortir sur un marché aussi concurrentiel ?

Les réseaux spécialisés souffrant d’un environnement trop concurrentiel ont tendance à élargir leur offre aux prestations de beauté classiques. Leur stratégie de développement repose sur la diversification en termes d’offre et de zone d’implantation. Ces acteurs ont en effet tendance à aller chercher des relais de croissance à l’international. Ainsi, l’internationalisation fait partie des objectifs de croissance des enseignes Efféa ou Hyper Minceur. Enfin, ces réseaux procèdent aussi à l’enrichissement de leur ligne de produits en marque propre ou en partenariat avec des laboratoires bio. Ils entreprennent également une diversification pluricanal en développant en priorité la vente en ligne de leurs produits.

L’étude le dit, l’offre en matière de minceur est pléthorique. Comment les consommateurs peuvent-ils s’y retrouver selon leur besoin ?

Les consommateurs n’ont aucun repère pour décrypter l’offre et n’ont aucun dispositif de jugement. Ils comptent donc sur des outils rudimentaires tels que le bouche à oreille ou la consultation des réseaux sociaux pour éclairer leur choix. Toutefois, le durcissement de la réglementation européenne sur les allégations nutritionnelles et santé va évoluer. L’entrée en vigueur des recommandations de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité sur les produits cosmétiques et la mise en place d’un système de vigilance sur les compléments alimentaires par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments vont contribuer à rassurer le consommateur sur l’efficacité des produits et lui apporter quelques repères.

Quelles sont les principales attentes du consommateur et comment ce marché va-t-il évoluer ?

Le comportement des français en matière de nutrition et de bien-être évolue beaucoup. Les préoccupations diététiques ne sont plus synonymes de régime. Aujourd’hui, les consommateurs sont en attente de résultats durables. Une désaisonnalisation du marché va donc progressivement s’opérer. Il va aussi falloir compter avec le e-commerce. Pour l’instant, les acteurs traditionnels du marché de la minceur, que ce soit les laboratoires ou les distributeurs, ne sont pas encore positionnés sur le web. En revanche, quelques pure players spécialisés tirent leur épingle du jeu. C’est notamment le cas de Dietboutique.com qui a réalisé 12,8 millions de chiffre d’affaires en 2009.

 

 

FitnessBoutique et Bo Solis, deux nouveaux venus en franchise
Sur le marché des compléments alimentaires, FitnessBoutique ambitionne de devenir le leader en diététique santé, sport et minceur. Créé en mars 2004, l’enseigne compte 18 succursales en France et en Espagne. Aujourd’hui, le réseau entend se développer via la franchise et projette l’ouverture d’une dizaine de nouvelles boutiques sous cette forme dans l’hexagone. Enfin un concept global sur le marché de la minceur ? Bo Solis se veut le premier centre de beauté au naturel associant produits bio en multimarques et amincissement sans manipulation. Lancé en franchise en décembre dernier, l’enseigne a ouvert ses deux premiers centres en affiliation dans les Yvelines et en Haute Savoie. D’autres unités devraient rapidement voir le jour.

 

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