Dossiers de la franchise

Les femmes et la création d'entreprise

le

femme créateur d'entreprise' Si le nombre de créations d’entreprises enregistrés en 2007 est nettement plus élevé que celui de 2006 (+12,5%), avec 321 478 nouvelles entreprises en 2007 contre 285 732 en 2006, le nombre de femmes créatrices d’entreprise quant à lui, varie peu depuis 10 ans : 36% des créations d’entreprises seraient de leur fait (contre par exemple 52% aux USA). Bien peu de parité donc, et de multiples raisons en sont la cause.

Il apparait pourtant que les femmes sont aussi nombreuses que les hommes à souhaiter créer leur entreprise. Elisabeth Badinter insistait sur le fait que les filles des féministes se sont révoltées contre leur éducation et compensent en se concentrant sur l’éducation des leurs enfants, mouvement encouragé par l’Etat dès le milieu des années 90 par des aides aux entreprises qui recrutent à temps partiel, extensions de congés parentaux dont on sait bien qu’ils sont pris à 98% par les femmes, ces mesures, bien que positives sur le plan familial ont affecté le travail et les possibilités de carrière des femmes.

Les statistiques montrent que la créatrice d’entreprise apparait en moyenne légèrement plus âgée qu’un homme, même si l’écart tend à se réduire. Si les créatrices de moins de 25 ans sont plus nombreuses que les créateurs, la tendance s’inverse ensuite pour les 25-40 ans, période réservée traditionnellement à l’éducation des enfants, et s’inverse à nouveau après 50 ans pour dépasser le niveau des hommes. Plus opportunistes également, les femmes seraient motivées principalement par le gout d’entreprendre et la volonté d’indépendance, la possibilité de créer leur propre emploi et celle de saisir une opportunité correspondant à leurs gouts et leur éthique.

Les secteurs d’activité idéal pour les femmes

C’est le domaine des services qui regroupe la majorité des créations d’entreprises, commerce de détail et immobilier bien sur (à proportion égale homme/femme) mais également services aux particuliers (29% de femmes contre 25% d’hommes) et aux entreprises, santé et action sociale, industrie de l’habillement, hôtellerie-restauration et éducation.
On ne trouvera que 2% de femmes dans le secteur de la construction, exemple de domaines avec celui de l’automobile ou des transports (10% seulement) dans lesquels un professionnalisme plus technique est nécessaire et dans lesquels les femmes ont tendance à considérer qu’elles possèdent moins de savoir-faire que les hommes. Il résulte de ces domaines volontairement choisis un taux de pérennité à 5 ans meilleur que celui de leur homologue masculin. En revanche, dans ces domaines de services où la femme est plus souvent employeur que l’homme, la répartition sectorielle provoque une différence de revenu élevée (35%), les hommes se positionnant dans des activités plus rémunératrices comme le conseil ou l’assistance. Ce différentiel sera plus faible dans le domaine du commerce (14%), mais l’écart de revenu entre hommes et femmes entrepreneurs reste de l’ordre de 25% (source Insee). On peut rajouter que la majorité des entreprises créées sont de type unipersonnel (82% contre 79% pour les hommes), reflet exact de la situation économique actuelle dans tous les pays de l’union européenne, et que l’apport financier initial féminin est moins important que celui des hommes (34,6% des femmes investissent moins de 4 000€, et 18,8% plus de 40 000€, contre 28,8% et 19,7% pour les hommes), ce qui aura une influence direct sur le chiffre d’affaires ainsi que sur le taux de pérennité de l’entreprise.

Difficultés donc toujours pour ces femmes entrepreneurs qui malgré leur ténacité, leur volonté, leur travail et leur force devront affronter plus d’embuches que les hommes. Manque de culture en gestion d’entreprise, manque de conseil, environnement familial peu coopératif (même si la proportion de femmes créatrices sans entourage incitatif augmente notoirement ces dernières années), difficultés face aux problèmes administratifs très lourds, face à l’avancée ultra-rapide des nouvelles technologies (ce qui constitue un frein pour certaines femmes au-delà d’un certain âge), frilosité des banques (leur attitude conservatrice en Europe les amène à refuser plus souvent aux femmes un prêt financier pour des projets de petite envergure.

On remarquera qu’à l’inverse, aux USA , la société glorifie l’esprit d’initiative et la culture d’entreprendre ! De plus les femmes américaines mettent plus fermement en avant leur carrière que les européennes qui tentent toujours la conciliation vie familiale/vie professionnelle. Cependant, financièrement, l’aide aux chômeurs créateurs et repreneurs d’entreprises (ACCRE) s’accroit d’année en année (74 144 en 2006), et est étendue à tous les entrepreneurs dont le revenu avant la création était inférieur au Smic.).

La Franchise

Face à cette situation, la franchise apparait comme un outil essentiel du développement de l’entreprise au féminin. Une fois choisi le secteur qui lui convient, la franchisée mettra toute la force de sa volonté, son énergie et sa persuasion au service de son entreprise. Plus subtiles en management que les hommes, ayant davantage le sens du contact, utilisant autant ses connaissances personnelles que son intuition, sa force de conviction et une motivation décuplée, elle saura tout aussi bien qu’un homme prendre les risques nécessaires au développement de l’entreprise, diriger ses équipes, motiver les commerciaux, fidéliser le client en ayant une empathie lui permettant de comprendre plus rapidement ses souhaits et de coller au diversifications du marché. On observe ainsi que dans des secteurs traditionnellement « réservés » aux hommes comme la location automobile, les résultats des franchisées sont parmi les meilleurs.

Même si, proportionnellement, les créatrices d’entreprises sont plus diplômées (+4points) que les hommes, elles sont la plupart du temps moins qualifiées professionnellement. Elles n’ont pas toujours exercé auparavant une activité professionnelle, une femme créatrice sur cinq était sans activité avant la création contre un homme sur dix. La proportion de personnes au chômage est en revanche identique chez les hommes et les femmes : 1/3 (source Insee). C’est là un point important qui fera l’affaire des franchiseurs, toujours soucieux d’apporter et de transmettre leur propre formation à leur réseau.
Alors, réussir en franchise sa création d’entreprise lorsque l’on est une femme, oui bien sur, sans aucun doute, et avec plus de garanties sur l’avenir à condition bien sur de choisir le secteur le mieux adapté à ses gouts et ses aptitudes, de rencontrer les différents franchiseurs du secteur choisi et d’étudier avec soin les besoins du marché (études de marché et prospection ciblée) ainsi que ses propres capacités financières. Tenter aussi, à l’instar des hommes, et malgré des emplois du temps surchargés, de se constituer un réseau, via les associations de plus en plus nombreuses regroupant les chefs d’entreprises féminines par secteurs, afin de profiter de contacts et d’échanges toujours enrichissants, et enfin acquérir cette culture du pouvoir, hier encore essentiellement masculine, et qui aujourd’hui, fera des femmes des chefs d’entreprises plus puissantes que jamais.

Yves Sassi