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Redynamiser le centre-ville : grande cause nationale des élus en 2018

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Constat d’alarme lancé en cette rentrée de septembre par l’association Centre-Ville en Mouvement, très active depuis une dizaine d’années sur toutes les problématiques liées au centre-ville, sous l’impulsion de Pierre Creuzet et son équipe. A l’instar de Patrick Vignal, Député de l’Hérault et nouveau président de l’association, le centre-ville a été déclaré comme « Grande Cause Nationale pour l’année 2018 ». Souffrant de dévitalisation, voire parfois de désertification, la situation des centres-villes mérite une grande réflexion nationale, d’autant que les Français y restent très attachés.

Même si la situation n’est pas nouvelle en soit, celle-ci devient néanmoins de plus en plus alarmante, ce qui a conduit l’association Centre-Ville à adresser un courrier au Président de la République ainsi qu’au Premier Ministre. Témoignage de Patrick Vignal, Député de l’Hérault et nouveau président de l’association : « certains centres-villes et centres-bourgs sont au bord de la rupture. Les français sont inquiets de leurs situations. C’est pour ça qu’aujourd’hui nous sommes ici, pour faire que les centres-villes deviennent une Grande Cause Nationale en 2018. Nous pourrions ainsi mener une grande réflexion nationale sur le sujet ».

Une vacance commerciale parfois inquiétante

Redynamiser le centre-ville : grande cause nationale des élus en 2018Tous les centres-villes ne sont pas en perdition mais le taux de vacance commerciale de certains d’entre eux est en constante augmentation, passant ainsi de 6.1% en 2001 à 10,4% en 2015. A noter que les villes de moins de 50 000 habitants sont nettement plus touchées, avec une moyenne de 11,1%. Les villes moyennes de moins de 100 000 habitants sont donc touchées avec plus d’intensité : ainsi en 2015, 55% des villes moyennes avaient un taux de vacance supérieur à 10%, contre seulement 27% des grandes villes.

Pour Patrick Vignal, le constat est clair : « Béziers 24% de vacance commerciale, Forbach, Montélimar, Lens, Vichy, Moulins, Lunel, Perpignan, Nevers, Guéret, Vierzon, Orange, Calais… que des villes avec une vacance commerciale supérieure à 16% ! Il y a en France des villes de 40 000 habitants dans lesquelles il ne se passe plus rien à partir de 19h. Ce sont des mouroirs. C’est alarmant, il faut arrêter le massacre. Et plus qu’une cause nationale, c’est une responsabilité collective. Il faut s’engager tous ensemble. Plus que la réparer la ville, ce que nous voulons, c’est imaginer la ville du futur ».

Des propositions concrètes pour insuffler un nouveau dynamisme

Egalement présent lors de la conférence de presse de début septembre, Arnaud Robinet – maire de Reims et Vice-Président de l’Association – a insisté sur la diversité des centres-villes en France. « On ne parle pas d’un centre-ville mais de centres-villes, car en fonction des villes c’est compliqué ». « Il faut travailler par assemblage. D’autant plus que le maire ne peut pas y arriver tout seul ». « Il faut que les commerçants jouent le jeu – en termes d’accueil, de plages d’ouvertures… ».

La redynamisation du centre-ville est un enjeu pour tous : habitants, commerçants, associations mais pas seulement. Tout le monde est concerné.

Plusieurs mesures concrètes figurent dans ce courrier, avec en premier lieu la demande de la mise en place d’un moratoire d’un an sur l’extension des zones commerciales hors centres-villes. « Car par exemple, en 2016, le volume des surfaces commerciales a augmenté de 22% (dont 90% en périphérie) : ce n’est plus possible », constatent les membres de l’Association.

L’Etat doit également montrer l’exemple sur les administrations délocalisées en dehors du centre-ville (les hôpitaux, les hôtels de ville, les palais de justice, les préfectures, les CCI…). Au menu également : des mesures fiscales très ciblées sur les investissements privées (une sorte de Loi Pinel dans l’ancien) et des contraintes urbanistiques allégées dans l’ancien.

On le voir donc bien. Les chantiers ne manquent pas de donner un nouveau souffle aux centres-villes. Il faut également avoir en ce domaine une politique intelligente d’aménagement de l’espace commercial, avec un mix intéressant entre les artisans, les commerces de bouches, les commerçants indépendants et les enseignes qui ont un vrai rôle de locomotive à jouer dans le renouveau des villes.