Dossiers de la franchise

Un entretien avec Bruno Dumont Saint-Priest

Publié par , le | Franchise immobilier

8700, c’est le nombre estimé, au 1er octobre 2009, de diagnostiqueurs immobiliers certifiés. En 2009, la profession a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 390 millions d’euros. Sur ce marché, la franchise a toujours été présente et continue de se développer. L’Observatoire de la Franchise a recueilli le témoignage de Bruno Dumont Saint-Priest, Délégué Général de la FIDI, Fédération Interprofessionnelle du Diagnostic Immobilier.

Portrait Bruno Dumont Saint-PriestObservatoire de la franchise : Combien pèse le marché du diagnostic immobilier en France ?
Bruno Dumont Saint-Priest : Il est très difficile de donner des chiffres très précis sur ce marché. Ce que l’on peut chiffrer dans un premier temps, c’est le volume de transactions. Ainsi, en 2009, 539 000 biens ont été vendus, contre 720 000 en 2007. Lors de toutes ces ventes, différents diagnostics ont été effectués selon la localisation, la destination et l’ancienneté du bien. Concernant les locations, il y a eu environ 1,1 million de biens loués en 2009 (contre 1,4 million en 2007). Dans le cadre de la location, la législation prévoit pour l’instant trois diagnostics obligatoires. La signature du contrat de bail n’étant pas un acte notarié, la comptabilisation s’avère d’autant plus difficile.
On estime que le chiffre d’affaires dégagé par la profession, en 2009, se situe autour de 390 millions d’Euros. En ramenant cette estimation au diagnostiqueur, le chiffre d’affaires moyen généré par un diagnostiqueur en 2009 est de l’ordre de 45 000 €. Or plus de 60% des diagnostiqueurs ont crée leur propre entreprise et y travaillent seuls.

En 2009, le secteur de l’immobilier a grandement souffert de la crise, qu’en est-il pour le marché du diagnostic ?
Le marché du diagnostic technique du bâti est directement lié à celui de l’immobilier du fait de la réglementation qui oblige la fourniture des diagnostics lors des mutations ou changement d’occupants. Donc notre secteur a essuyé directement les effets de la crise en termes d’investissements immobilier. Au 1er janvier 2009 a été rendue obligatoire la fourniture  du diagnostic électricité pour la vente d’un immeuble destiné au logement. On constate en fin d‘année que ce nouveau diagnostic n’a pas compensé la perte du chiffre d’affaires générée par la baisse de volume. La baisse a été d’autant moins compensée, qu’entre 2007 et le deuxième semestre 2009, on a observé l’arrivée de nouveaux acteurs dans la  profession. On estime que 50% des entreprises actuellement sur le marché ont moins de trois ans d’ancienneté. La baisse de volume  s’est donc accompagnée d’une augmentation de l’offre. Cela a eu pour effet direct de réduire le prix des diagnostics. Le chiffre d’affaires des entreprises de diagnostic a donc souffert de la baisse des volumes mais aussi de la concurrence accrue sur ce marché. Globalement, l’année 2009 n’a pas été bonne pour les diagnostiqueurs immobiliers.

Combien y-a-t-il d’acteurs sur le marché du diagnostic immobilier ?
Au 1er octobre 2009, on dénombrait 37300 certifications sachant qu’un diagnostiqueur peut avoir plusieurs certifications. Le nombre de diagnostiqueurs certifiés s’élevait, à la même date, à 8700. Il existe six domaines pour lesquels les certifications sont obligatoires. Sur les 8700 diagnostiqueurs certifiés, 4800 certifiés l’étaient dans au moins 5 domaines.

Quelles sont les missions de la FIDI ?
Nous fédérons 740 entreprises. A ce titre, nous sommes la fédération le plus représentative et la plus implantée dans le secteur. Notre mission consiste à fédérer, organiser et promouvoir le diagnostic immobilier et , bien entendu, défendre les intérêts des professionnels de ce secteur. Nous accompagnons les diagnostiqueurs dans l’exercice de leur profession par la formation et l’information. Nous assurons par exemple la vulgarisation des textes réglementaires ou normatifs. Nous représentons cette profession auprès des instances de décision, que ce soit les pouvoirs publics ou les acteurs de l’immobilier ou du bâtiment.
La fédération a vu le jour en 2004 de la volonté d’un certain nombre d’enseignes nationales, dont des réseaux de franchise, qui ont souhaité organiser ce nouveau métier pour peser auprès des pouvoirs de décision.
Aujourd’hui, nous fédérons à la fois des structures nationales comprenant des réseaux de franchise, des structures à dimension régionale mais aussi des structures locales. Nous fédérons ainsi de plus en plus d’indépendants.

Quelle place prend la franchise sur le marché du diagnostic immobilier ?
La franchise a toujours été présente sur le marché du diagnostic et continue à se développer. La crise a eu un impact immédiat sur l’activité du diagnostic et a modifié la structure de la profession. On observe une tendance au regroupement et à la mutualisation de certaines actions ou services. La franchise constitue une structure qui peut clairement répondre aux attentes de certains acteurs du marché.
Les franchises ont, en effet, la capacité de pouvoir informer, apporter de la formation et maintenir à niveau les connaissances des membres du réseau. Elles  se donnent les moyens de faire en sorte que leurs partenaires soient compétents dans l’exercice de leur métier. Or la formation est un élément clé. Compte-tenu de la complexité du diagnostic, il est en effet important que les gens qui entrent dans la profession aient une culture du bâtiment affirmée. Pour ceux qui ne la possèdent pas, les réseaux de franchise apportent toute leur expertise et savent transmettre leur savoir-faire.

Infraction sur les prix, absence de qualification professionnelle…Le métier de diagnostiqueur a parfois souffert d’une mauvaise image. Où en est-on aujourd’hui ?
Il faut rappeler que les crises ont pour effet d’exacerber les problèmes que peuvent rencontrer les professions. L’absence de qualification professionnelle a été résolue par l’obligation de la certification de compétence à compter du 1er novembre 2007. Les problèmes d’infraction sur les prix, à une époque constatée par la DGCCRF, sont aujourd’hui en voie de disparition. On peut dire que la profession devient mature. Beaucoup de chemin a été fait pour améliorer la profession : fédération, formation, certification. Une partie du chemin reste à faire sur la cohérence des services et des prix dans une profession encore insuffisamment fédérée, mais qui n’a qu’une dizaine d’année !

Que va-t-il se passer dans les prochains mois sur le marché du diagnostic immobilier ?
Plusieurs échéances sont dans le viseur de la profession.
La Loi sur l’eau de décembre 2006 a introduit l’obligation à compter du 1er janvier 2013 de fournir un état de l’installation d’assainissement non collectif qui sera annexé à l’acte de vente au même titre que les autres diagnostics. L’état des discussions sur le projet de loi Grenelle 2 suscite pour la profession de nombreuses questions quant à la production de ce nouveau document, les politiques souhaitant d’une part avancer cette nouvelle obligation de deux années et d’autre part confirmer les responsabilités des communes dans ce domaine. Ce dernier point nous interroge parce qu’il obligerait le particulier à s’adresser à un diagnostiqueur immobilier pour réaliser tous les diagnostics obligatoires et à u service spécialisé pour le contrôle de son dispositif d’assainissement quand celui n’est pas relié au réseau collectif.
Les discussions en cours sur la rénovation énergétique des bâtiments existants, dans le cadre d’examen du Grenelle 2, intéressent en premier lieu les diagnostiqueurs. Ainsi, le Sénat a souhaité, qu’à compter du 1er janvier 2011 et en réponse à une demande de la FIDI, l’étiquette énergétique soit affichée sur les annonces immobilières. Cela va sans doute susciter une certaine évolution, les vendeurs se voyant contraints de faire réaliser le diagnostic de performance énergétique de leur bien plus en amont qu’aujourd’hui.
La FIDI, au même titre que plusieurs associations de défense des consommateurs, souhaite vivement  que les diagnostics sécurité sur l’installation électrique et l’installation gaz soient étendus aux locations. Cela aurait un impact sur l’activité de la profession.
Enfin les obligations auxquelles sont désormais soumis les propriétaires d’établissement recevant du public impactent les professionnels du diagnostic du bâti. C’est par exemple le cas de l’accessibilité et de la performance énergétique.
Ainsi la FIDI suit de très près tous les débats qui entourent l’évolution du bâti en particulier  la performance énergétique quelque soit la destination du bâti (logement, industriel, commercial ou bureaux). C’est un créneau sur lequel les professionnels du diagnostic ont une opportunité réelle.
                                                                

Vous pouvez également consulter toutes les offres Immobilier.

Avez-vous apprécié cet article ?
En votant vous nous aidez à améliorer la qualité du contenu du site.

0 vote

Les 15 derniers articles du secteur