Interview franchise APEF
Vanessa Palaric - Franchisée APEF Chinon
Vanessa Palaric, Franchisée APEF Chinon - le
La rédaction : À quel moment de votre carrière avez-vous commencé à envisager une reconversion, et pourquoi ?
Vanessa Palaric : C’est arrivé autour de la cinquantaine. Après 30 années dans le commerce, j’ai commencé à m’interroger sur mon métier. Le commerce avait énormément évolué et je ne me retrouvais plus vraiment dans les valeurs du secteur. Je me suis posée une question très simple : “Est-ce que je me vois encore faire ce métier pendant dix ans ?” Et la réponse a été non. À partir de là, j’ai compris qu’il était temps de passer à autre chose. À cet âge-là, on sait aussi qu’en France, passé 50 ans, on peut vite être cataloguée. Donc je me suis dit que si je voulais changer de voie, c’était maintenant ou jamais.

Se lancer dans l’entrepreneuriat après 50 ans n’est pas toujours évident : qu’est-ce qui vous a convaincue de franchir le pas ?
Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. J’avais passé 30 ans dans la même entreprise, donc il y avait forcément un attachement très fort. À l’époque, j’ai réalisé un bilan de compétences. Ce qui en est ressorti, c’est que j’étais faite pour le commerce, et pour l’entrepreneuriat, notamment parce que j’avais besoin d’autonomie et de liberté. C’était déjà quelque chose que j’avais dans mon dernier poste de directrice régionale. Mais au départ, l’entrepreneuriat me faisait peur. Cela me semblait presque inaccessible, d’autant plus que j’étais dans une période où j’étais épuisée professionnellement.
J’ai laissé mûrir l’idée pendant plusieurs mois. Je me suis beaucoup renseignée, j’ai lu, échangé, essayé de comprendre ce qui existait et ce qui pouvait correspondre à mon profil. Petit à petit, le modèle de la franchise s’est imposé comme une évidence. Je voulais entreprendre, mais pas seule. J’avais besoin d’autonomie tout en étant accompagnée et soutenue par un réseau.
À 50 ans, on réfléchit aussi différemment, on fait des choix plus raisonnés. Je savais que je n’avais pas envie de compromettre mes dix dernières années de carrière. J’ai donc contacté plusieurs franchises dans différents secteurs et je me suis rendue au Salon de la Franchise. J’avais déjà eu des échanges avec plusieurs franchiseurs, notamment avec le groupe Oui Care et sa marque APEF, avec qui le contact avait été particulièrement bon. Quand j’ai rencontré l’équipe de développement franchise sur le salon, mon ressenti s’est confirmé : j’ai eu en face de moi des personnes accessibles, sincères, qui parlaient vrai. Je me suis reconnue dans leurs valeurs, ce que je n’avais pas retrouvé ailleurs.
Pourquoi avoir choisi le secteur des services à la personne, et plus particulièrement le modèle de la franchise ?
Le secteur des services à la personne faisait partie des activités auxquelles je pouvais accéder par rapport à mon apport financier, mais ce n’est pas la seule raison. Dans le commerce, avec les évolutions du secteur, j’avais perdu le lien humain. J’avais besoin de revenir vers quelque chose de plus concret, plus proche des gens, avec davantage de sens.
Je me suis aussi rendu compte que beaucoup de mes compétences étaient parfaitement transposables : le management d’équipe, le commercial, la gestion d’une structure…
Tout cela, je pouvais le retrouver dans les services à la personne. De plus, je ne voulais pas retourner à l’école ni repartir de zéro à mon âge. Bien sûr, j’étais prête à apprendre un nouveau métier, mais pas à recommencer entièrement ma vie professionnelle.
L’idée était plutôt de capitaliser sur tout ce que j’avais construit au fil des années. Par ailleurs, après avoir travaillé dans de grandes structures, des centres commerciaux et de grandes villes, j’avais aussi envie de revenir à quelque chose de plus simple et plus humain, en m’implantant en milieu rural.
Qu’est-ce qui vous a séduite dans le réseau APEF au moment de vous lancer ?
Lors du Salon de la Franchise, on m’a présenté APEF comme une enseigne multiservices. Cela m’a immédiatement parlé parce que j’avais auparavant géré 25 magasins et autant d’équipes à distance, avec une grande autonomie dans mon travail. Cette diversité d’activités me plaisait beaucoup.
Il y avait aussi tout l’univers de la marque : l’image, le marketing, le logo, les couleurs… Cela faisait écho à mon parcours dans la mode et le commerce. Mais surtout, APEF mettait en avant l’autonomie des franchisés, avec la possibilité d’apporter sa propre personnalité dans son agence. Aujourd’hui, je ne regrette absolument pas ce choix, cela me correspond complètement.
Vous avez choisi d’implanter votre agence à Chinon, en périphérie de Tours : pourquoi ce territoire s’est-il imposé pour lancer votre activité ?
La zone de Tours était déjà occupée, mais honnêtement, ce n’était pas forcément ce que je recherchais. J’avais envie de revenir à un environnement plus humain, plus rural, même si cela représentait un risque. J’habite à Langeais, à une trentaine de kilomètres de Chinon et, au départ, je pensais plutôt m’installer à Langeais, où il y avait aussi du potentiel. Au fil de mes rencontres et de l’avancée de mon étude de marché, mon projet d’implantation a progressivement évolué.
C’est finalement à Chinon que j’ai trouvé un territoire en adéquation avec mes attentes, avec un accueil particulièrement chaleureux et le sentiment de pouvoir m’inscrire durablement dans la vie locale.
Quels ont été les principaux défis à relever en changeant de secteur et de métier à cette étape de votre vie ?
Le premier défi a évidemment été d’apprendre un nouveau métier et de me faire connaître sur un territoire que je ne connaissais pas encore professionnellement. Mais le plus grand changement a sans doute concerné les ressources humaines. Dans mon précédent parcours, je manageais des responsables de magasin. Je me suis ensuite retrouvée à recruter et accompagner des aides ménagères et des intervenants à domicile, avec des réalités de terrain très différentes. Cela m’a demandé d’adapter mon regard et mes attentes, afin d’être au plus juste des besoins du secteur et des équipes.
À l’inverse, quels atouts votre parcours dans le retail vous a-t-il apporté dans votre rôle de cheffe d’entreprise aujourd’hui ?
Finalement, énormément de compétences étaient transposables. Toute mon expérience en management, en commerce et en gestion me sert aujourd’hui dans la gestion quotidienne de l’agence. Le fait d’avoir dirigé plusieurs équipes et piloté différents points de vente m’a aussi apporté beaucoup d’autonomie et d’organisation.
Le recrutement est souvent un enjeu majeur dans les services à la personne : comment parvenez-vous à attirer puis fidéliser vos équipes sur votre territoire ?
Aujourd’hui, l’agence compte 17 salariés, équipe administrative comprise, avec un noyau dur de cinq personnes présentes depuis l’ouverture.
La fidélisation reste un vrai sujet, notamment parce que certaines personnes imaginent que le métier est plus simple qu’il ne l’est réellement. Beaucoup pensent : “Je fais le ménage chez moi, donc je sais faire”, alors qu’il existe un véritable savoir-faire et nous avons un certain niveau d’exigence pour satisfaire le client.
Pour fidéliser les équipes, j’essaie de créer une ambiance conviviale et bienveillante au sein de l’agence. Nous organisons régulièrement des réunions, des moments d’échange, un repas de Noël, et nous proposons également des indemnités kilométriques plus avantageuses que la convention collective. J’ai aussi mis en place des cartes cadeaux pour le parrainage clients ou intervenants.
Envisagez-vous cette aventure comme une dernière étape de carrière ou comme un nouveau cycle avec encore des perspectives d’évolution ?
Même si je suis à moins de dix ans de la retraite, je ne me projette pas du tout dans une logique de fin de carrière. Au contraire, je vis vraiment cette aventure comme un nouveau départ. C’est une nouvelle vie professionnelle qui commence.
Quel message souhaiteriez-vous adresser à celles et ceux qui, comme vous, envisagent d’entreprendre après 50 ans ?
Je leur dirais avant tout d’oser et de ne pas se mettre de barrières. Aujourd’hui, il existe énormément de dispositifs, de structures et d’outils pour s’informer et être accompagnés. Le plus important, c’est justement de prendre le temps de se renseigner, de ne rien négliger et de ne pas foncer tête baissée. Et lorsqu’on entreprend après 50 ans, on n’est pas forcément entrepreneur dans l’âme au départ. C’est aussi pour cela que la franchise peut être très rassurante : on bénéficie d’un véritable accompagnement et d’un soutien précieux tout au long du projet.
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