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Un entretien avec Jean-Noël Lesellier, expert du secteur des Services à la Personne

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Un entretien avec Jean-Noël Lesellier, expert du secteur des Services à la Personne

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Jean-Noël Lesellier a écrit plusieurs ouvrages sur le secteur des services à la personne :"Les services à la personne, comment ça marche ? ", dont la 2ème édition vient de sortir il y a quelques semaines, "Emplois et formations dans les services à la personne" et "Auto entreprendre dans les services à la personne" sorti la semaine dernière en librairie et écrit conjointement avec Jean Paul Vimont. Spécialiste incontournable du secteur des services à la personne, il a accepté de répondre aux questions de l’Observatoire de la franchise.

 « Les services à la personne se démocratisent »

Comment se porte le marché des services à la personne ?
Le marché se porte bien. Comme tous les secteurs, il subit les conséquences de la crise financière. Mais la croissance, même diminuée, devrait être de l’ordre de 30% cette année. Elle apparaît toutefois disparate selon les domaines d’activité. Ainsi, l’assistance aux personnes âgées continue de progresser et les activités de ménage et de garde d’enfants se développent aussi. En revanche, la croissance du secteur du soutien scolaire semble ralentir. Certains attribuent ce phénomène à la mise en place du soutien scolaire par l’Education nationale au sein même des établissements scolaires.

Quels sont les freins au développement de ce secteur ?
Le premier frein est le critère d’exclusivité. Un certain nombre d’acteurs du secteur des services à la personne sont gênés par l’obligation du critère d’exclusivité dès lors qu’ils sont agréés.
L’autre frein au développement concerne la difficulté au recrutement. Il existe des zones où l’on trouve encore des salariés. Sur d’autres secteurs géographiques, c’est beaucoup plus compliqué. Il faut donc que la structure qui embauche organise et prenne en charge la formation ce qui a, de plus, un coût.
Enfin, le droit du travail français semble également limiter le développement du secteur. Dans notre pays, le droit du travail parce qu’il est protecteur, apparaît comme très contraignant et, pour des gens n’ayant pas l’habitude de la rigueur administrative. Ces contraintes découvertes par les nouveaux créateurs ne sont pas toujours bien vécues.

L’avance du crédit d’impôt pourrait-elle participer à l’expansion du secteur ?
L’avance sur le crédit d’impôt avait été annoncée par le Président de la République lors du discours de Réthel, à la fin de 2008. A ce jour, cette mesure n’est toujours pas en place. Elle serait tout à fait positive mais semble se heurter à des obstacles au sein du ministère du Budget. Les services à la personne sont en train de se démocratiser et touchent désormais quasiment toutes les catégories socio-professionnelles. Il est vrai que le processus de démocratisation et de conquête de nouvelles catégories de clients serait accéléré par la mise en place de cette mesure.

Où en est-on en matière de professionnalisation ?
Il faut savoir que transformer une activité considérée à tort jusqu’à présent comme « non métier » en métier reste difficile. Aujourd’hui, le principal obstacle à la professionnalisation est l’autoproduction et non le travail au noir comme on l’entend souvent.
 Mais surtout, la filière de formation n’est pas complète. Ainsi, il existe beaucoup de formations au niveau 5 (CAP, BEP) mais quasiment rien au niveau 4 (baccalauréat) et peu de choses au niveau 3 (BTS, IUT). Comment voulez-vous que ces métiers soient considérés comme professionnels et attirent des jeunes s’ils ne possèdent pas de filière de formation ? Il faut une filière complète dans ce domaine. Ceci est un obstacle très important à la professionnalisation.
Enfin, il faut accélérer la mise en place des dispositifs d’assurance qualité. Sur près de 19000 sites répertoriés agréés par l’Etat, seuls 800 sont certifiés. Les agréments d’Etat étant désormais renouvelés automatiquement à leur échéance de 5 ans dès lors que la structure est certifiée, la certification devrait se développer.
Reste l’obstacle du coût de la certification. Les entreprises doivent consacrer du temps à la certification, parfois avoir recours à un consultant... Les petites et jeunes structures n’ont pas toujours la solidité financière suffisante pour entreprendre cette démarche
indispensable.
 Je parle longuement de tous ces aspects dans un de mes derniers livres « Emplois et formations des services à la personne » paru en fin 2008 aux éditions Wolters-Kluwer.

Quelles sont vos prévisions pour ce secteur ?
En 2005, le secteur réalisait environ 11 milliards de chiffre d’affaires et 15 milliards en 2008. Différents organismes reconnus ont réalisé quelques prévisions : Ainsi, Cap Gemini voit un marché pesant entre 17 et 23 milliards d’euros en 2010, Ineum prédit un chiffre d’affaires de 18 milliards en 2010. SIA Conseil pense, qu’en 2012, le marché atteindra 26 milliards d’euros tandis que l’étude la plus récente menée par « Rexecod » porte le marché à 50 milliards en 2020. Les raisons qui soutiennent la demande perdurent : le nombre de personnes âgées augmente, la durée de vie s’allonge, les foyers monoparentaux se développent, la mobilité géographique est plus importante... Tous ces facteurs perdurent et ne font que croître.
Toutefois, le chiffre d’affaires du secteur se développe différemment selon les acteurs. Ainsi, le monde associatif continue à se développer. Les Centres d’action sociale (CAS) poursuivent doucement leur développement alors que l’emploi direct bénéficie du Cesu bancaire. Mais, depuis 2005, on assiste à une percée fantastique des entreprises qui possèdent, contrairement aux autres acteurs, une culture de la conquête.

Selon vous, les personnes souhaitant se lancer sur le secteur des services à la personne ont-elles intérêt à le faire accompagnées par un réseau de franchise ?
Il doit exister une soixantaine de réseaux de franchise dans le secteur des services à la personne. Les uns sont généralistes, les autres sont spécialisés. Mais il faut signaler que l’immense majorité des franchiseurs a moins de cinq ans d’ancienneté sur le secteur. Je pense donc qu’un candidat à la franchise doit bien regarder la situation financière du franchiseur, son taux de croissance, le montant de ses capitaux propres  Il doit aussi regarder et analyser les moyens que le franchiseur met à la disposition de ses franchisés avant d’arrêter son choix. L’entrepreneur créateur qui  a déjà une compétence technique et donc  connaît le secteur n’a pas forcément besoin d’un franchiseur. En revanche, s’il ne connait pas le secteur, il peut profiter de l’expérience et de l’expertise du franchiseur sur son domaine. Enfin, si l’on dispose de peu de moyens financiers, les outils mis à disposition et l’aide apportée concrètement par le franchiseur peuvent permettre d’atteindre le point mort plus rapidement.

Bibliographie de Jean-Noël Lesselier
Auto-entreprendre dans les services à la personne" en collaboration avec Jean-Paul Vimont - (300 pages) publié en Octobre 2009 chez Wolters Kluver
«Les services à la personne, comment ça marche ? » (316 pages) publié en novembre 2007 chez Wolters – Kluwer, préfacé par F.Fillon, Premier Ministre.


« Emplois et Formations dans les services à la personne »  (254  pages) publié en novembre 2008 chez Wolters – Kluwer

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