Dossiers de la franchise

Entreprendre en franchise au Canada, les clés du succès

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Le Canada est un pays séduisant mais attention aux différences culturelles dès lors qu’il s’agit d’y entreprendre. Voici quelques conseils pour réussir son implantation en franchise au Canada.

Porte d’entrée de l’Amérique du Nord, le Canada constitue l’un des derniers pays occidentaux largement ouvert à l’immigration. Portée par une croissance de 2,3%, le pays connaît une situation de plein emploi avec un taux de chômage de seulement 6,2%. Présentant des coûts d’exploitation attractifs et un taux d’imposition favorable pour les entreprises, le pays bénéficie de l’accord CETA, entré provisoirement en vigueur en septembre dernier, qui supprime 99% des droits de douane avec l’Union Européenne.

Le Québec, un territoire séduisant pour les Français

Le Québec, qui compte près de 500 réseaux de franchise et quelque 12 000 magasins franchisés, séduit les Français qui sont toujours plus nombreux à vouloir s’y installer. Sur cette province canadienne, la franchise est particulièrement dynamique puisqu’elle représente un chiffre d’affaires de 25,8 milliards de dollars canadiens. « La franchise est plus développée en Amérique du Nord qu’en France. Il existe un vrai savoir-faire local », explique Thierry Hadjadj, Président de H2J Conseil. Conseil en communication, franco-canadien établi à Montréal depuis 15 ans, Thierry Hadjadj est spécialisé en franchise et mobilité entre ces deux pays.

Le Québec est un territoire grand comme deux fois et demi la France pour seulement 8,2 millions d’habitants. On s’y installe pour ses paysages et sa qualité de vie. Dans le business, les relations sont différentes : la confiance est une règle de base, le protocole moins suivi et au Canada, le pouvoir est fondé sur la compétence et non la hiérarchie.

Implanter sa franchise au Canada

Pour implanter un concept français au Canada et au Québec, il faut toutefois penser à l’adapter quand cela est nécessaire. Ainsi, quand Carglass a choisi d’investir le pays, la consonance anglophone de la marque a d’emblée posé problème. Pour s’installer, l’entreprise a donc racheté un concurrent baptisé Lebeau. Pour réussir, et tous les spécialistes du pays s’accordent sur ce point, il n’y a qu’une règle : se faire accompagner. « Deux Français sur trois repartent dans les trois ans suivant leur arrivée car ils ont mal anticipé et préparé leur projet », explique Eric Gerbier, Expert conseil en développement des entreprises pour Classes Affaires. Pour sécuriser son installation en tant qu'entrepreneur, il est préconisé de rencontrer un avocat spécialisé en immigration d'affaires afin de déterminer quelle est la meilleure stratégie légale de visa. Il faut aussi se rendre dans le pays et rencontrer les agents économiques. S’imprégner de l’ambiance, découvrir les règles du business, observer les tendances, s’imprégner des particularités bancaires…Voici autant d’étapes qu’il ne faut pas négliger en prévoyant de rester sur place pendant quelques semaines. « Ce voyage de reconnaissance est fondamental », clame Thierry Hadjadj.

La franchise pour sécuriser son business

Quand on ne connaît pas le marché, il vaut mieux faire appel à une franchise pour être encadré. « La franchise peut-être un bon vecteur d’intégration », déclare Eric Gerbier. Le candidat à l’entrepreneuriat peut également penser à un partenariat sous forme de joint-venture ou même penser à la reprise d’entreprise. « Il existe beaucoup d’opportunité de reprise en région. Chaque année, environ 8 000 à 10 000 entreprises ne trouvent pas de repreneurs. » Et d’ajouter, en accord avec le Conseil québécois de la franchise (CQF) : « Immigrer avec un projet de franchise facilite le processus de transition car le fait d’avoir un projet solide d’achat d’un commerce franchisé constitue un atout pour les procédures d’immigration. »

Les tendances de la franchise au Québec

La franchise est un modèle d’entrepreneuriat assez répandu au Québec. Quelques secteurs sont particulièrement dynamiques, à l’instar de la restauration, l’automobile, les services à la personne, la formation ou encore l’alimentaire. Les Français ont le choix : ils peuvent investir dans un concept canadien. Il existe de belles success story de franchise dans ce pays. Ils peuvent également penser à y implanter un concept français. Ainsi, de nombreuses franchises ont déjà mis un pied au Canada, à l’instar de La Fée Maraboutée, Lézard Créatif, Jeff de Bruges, Brioche Dorée et autres marques… « La french Touch est extrêmement appréciée dans toutes les provinces du Canada », précise Thierry Hadjadj.

A l’occasion du prochain salon Franchise Expo Paris, deux nouvelles enseignes canadiennes, souhaitant grandir en France, seront présentes : Frites Alors ! Concept dédié à la frite belge made in Québec, Frites Alors ! poursuit son développement au Canada avec de belles opportunités tout en ayant la volonté de continuer sa croissance en France. Copper Branch est un concept de restauration bio et sans gluten axé sur le burger, les sandwichs et les salades énergétiques. L'enseigne, qui poursuit son développement au Canada, a d’ores et déjà cinq nouveaux projets de franchise dans les premiers mois de l’année 2018. « Je conseillerais de choisir un concept qui ne va pas trop dépayser l’entrepreneur. Quand on arrive au Canada, il faut intégrer de multiples codes culturels. Les relations client ne sont pas les mêmes, les habitudes de consommation ne sont pas les mêmes, les pratiques des fournisseurs ne sont pas les mêmes, tout comme les pratiques bancaires, fiscales ou comptables… », explique Thierry Hadjadj.

Les étapes à respecter pour s’implanter au Canada

Il faut dans un premier temps bien étudier et analyser son marché. « Il faut réaliser une étude de marché extrêmement précise », poursuit l’expert. La phase de prospection qui suit est primordiale pour identifier ses clients, selon le secteur choisi. La phase d’installation prend un certain temps. Ainsi, le processus d’implantation varie de 12 à 24 mois selon les projets.

Les porteurs de projet souhaitant s’implanter au Canada doivent être vigilants sur certains points. Ainsi, contrairement à ce que l’on observe en France, la législation favorise les franchiseurs. Ces derniers n’ont pas l’obligation de fournir un DIP (document d'information pré-contractuel) et ne sont pas non plus soumis à l’équivalent de la loi Doubin. Pour sécuriser son projet, il convient donc d’entrer en contact avec le Conseil Québécois de la Franchise ou la Canadian Franchise Association qui pourront accompagner vos velléités de développement dans le pays. Des institutions locales existent, notamment des institutions françaises comme Business France implanté à Montréal, Toronto ou Vancouver. « On trouve aussi des Chambres de commerce locales qui sont extrêmement importantes. Enfin, les porteurs de projet peuvent également parcourir le numéro annuel du magazine l’Express dédié au sujet « S’installer au Canada », et consulter sa version digitale www.lexpress.fr/canada , précise Thierry Hadjadj.

Trois guides sont à consulter dès lors que l’on souhaite s’installer au Canada :

- Entreprendre et conquérir le marché canadien, réalisé par la Banque Desjardins
- Le hors série annuel de l'Express S’installer au Canada, version papier et digitale disponible sur le la boutique de L'Express
- S’installer à Montréal, publié par Heliopoles

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